Vichy & Toile de Jouy

Une petite fille, un petit garçon, une machine à coudre, une boite à outils et un appareil photo, le tout pour mon plaisir, et le votre j'éspère ...

17 juin 2009

La vie est merveilleuse

Un cycle, un éternel recommencement, les bonnes nouvelles viennent très vite effacer les mauvaises

Merci la Vie

Merci mon Dieu

***

2007 et 2008

moi et mes proches

il_y_a_1an

Après

2009

moi et mes proches

aujourd_hui

dessin de mad'moiselle C.

***

il pleut des

mariage

illustration de rastita

***

et encore beaucoup de

famille_passiflore_demenage

Quand à moi, avec un mélange de tout ça, je passe mes journées sur ma

mac

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07 novembre 2008

noël, et le coté spi?

Clo aura 23 mois, ce sera son 1er vrai Noël,

alors j'aurais besoin de conseil pour garder la magie de Noël, sachant que pour nous c'est avant tout religieux et familiale.

Que faites vous chez vous, que lisez vous pour préparez, quel calendrier, quel rite avant après et pendant, comment le fêtez vous, a quel moment de la journée, bref:

je veux tout savoir de Votre Noël !!!

pour le moment je pensais à ça:

Calendrier de L'Avent de l'EvangileCalendrier de L'Avent de l'Evangile

calendrier de l'avent de maité roche

24_20histoires_20de_20noel

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28 août 2008

Mauvaise mère est fiere de l'être !!!

Entre galère d'appart et mariages, je vous laisse quelques jours, mais je vous laisse avec une touche de cynisme maison, hihihi !!!


J'ai longtemps hésité à faire ce post, je ne veux blesser personne, et ne veux pas provoquer de polémique, mais après tout c'est mon blog et j'écris ce que je veux, hahahahaha (rire machiavélique, pour celle qui ne le reconnaisse pas !!!)

Est ce du à l'éducation que j'ai reçu, à mon caractère, ou à des convictions personnelles; je ne sais pas mais c'est là, alors je vous le dit comme ça ...

Je suis une mauvaise maman, si si,  je vous jure, et je commence très tôt, tenez par exemple, pour Briel, dès la 1er nuit à la maternité je l'ai laissé en pouponnière. Ok, je comprenais pas trop pourquoi il me laissait le choix, alors que je ne pouvais pas bouger avec le drain et la cicatrice, mais bon quand même !!!

Et ça ne faisait que commencer, Clo a dormi dès sa 1er nuit à la maison seul dans sa chambre, ba oui elle faisait des bruits de sucions ce qui nous empêcher de dormir...

Je n'ai pas réussi à l'allaiter ma première ( je passe les détails), et je lui ai donc collé une pour combler son envie de succion, ooooohooooohooooohoooooh c est mal et moche, mais d'un autre coté c'est quand même une super assurance tranquillité pour les parents !!! Enfin je ne lui donner que la nuit, non mais je ne vais quand même pas me lever, en plus du pour lui rendre son truc qu'elle a perdu, quinze fois dans la nuit, dans MA nuit!!! En plus, elle l'a arrêté toute seule à 4 mois, pour le pouce, ce qui n'est pas forcement mieux, surtout quand on voit la tête du dit pouce maintenant... Et en bonne mauvaise mère, je 'ai même pas retenté l'allaitement pour Briel, tout en donnant quand même la tétine ! niarf niarf niarf !!!

Clo a fait ses nuits très vite, enfin rectification,  maman a fait faire ces nuits à Clo très vite: Comme elle prenait déjà du lait indigerable, traduisez , et ne demandait qu'une fois par nuit, j'ai donc rallonger de plus en plus les espace entre les que j'augmentais en quantité (histoire de vraiment lui plomber l'estomac), afin d'en avoir plus qu'un à minuit et un à 6h30 (heure du réveil du papa) ça nous faisait notre nuit !!! Il faut dire aussi que je n'ai jamais eu de mal à laisser pleurer mes bébés (j'en ai même pas besoin,je suis un monstre), ça aide, et le fait d'avoir une grande maison aussi, hihihi!!! Je vous le dit je suis une mauvaise maman !!!

Mes bébés ont été très tôt affublé de surnom sympa, ba voui faut reconnaître qu'un bébé ce n'est pas toujours très jolie, après Photo_032 redbulle Clotilde_redbull, nous venons d'accueillir DSCN0966 hobite

J'ai arrêté très tôt de stériliser les bib, ba voui quand les bébés tètent les oreilles du je considère que le lave vaisselle ça suffit !!! Sur le plan culinaire d'ailleurs, je peux être très démissionnaire, et autant Clo a mangé bio au début de la diversification, autant elle peut se faire un repas , quand je n'ai pas envie de lutter. Et comme je ne suis pas conchi-cossette, je tiens la pour les aliments trop cracra(yaourt, soupe ou qui tache), tout comme elle ne mange jamais de chocolat toute seule, ma et ma s'en porte d'autant mieux, merci!!! Quand nous sommes en visite, ou que nous recevons des amis, un repas est facilement remplacer par un , et si elle a manger 2 fois des dans la journée, cela ne m'empêchera pas de dormir, dites, vous croyez que ça se soigne ?!!! 

Une fessée peut très bien tombé de temps en temps, je sais pas vous, mais personnellement je n'ai jamais trouvé de portable, et en plus  ça a le mérite de soulager maman, ils ont leurs sauts d'humeurs et leurs mauvaises heures, pas de problème, moi aussi !!!   (je rappelle que je fais de l humour et que j exagère, attention, n appeler pas la dass)

Mes enfants ne prennent pas de tous les jours, je juge de leurs états de saleté au jour le jour, surtout quand on sort ou que l'on est pressé, se coucher pas tout propre ne tue personne, et en plus c'est ecolo, hihihi !!! Vous trouvez ça sale, pensez à la planète et à vos défenses immunitaires !!!

Le pyjama est un grand allié des jours de flemmite aiguë, avant 3 mois, je ne vais pas les (et m'en) embêter avec ça, et ils en ont des plus jolie que les tenues de certains enfants dans la rue, et je suis sur que la boulangère n'y prête même pas attention !!! En cette été, avec nos 30° c'était facile, pour tout le monde (je parle de tout ce qui on moins de 2 ans bien sur !!!). Sur le même registre, si j'ai une centrale vapeur, c'est plus pour la couture, que pour les mini vêtements!!!

Il n'y a pas vraiment d horaire à la maison, enfin si les miennes !!! Clo peut se coucher après 20h, pour profiter de son père, de toute façon, il n'y a pas d'impératif le lendemain ... Dès l'heure naissance, l'horaire du repas peut varié d une bonne heure voir 1h30 selon, , ou , ne riez pas je sais que pour ça je ne suis pas la seul!

Rajoutez à toutes ces horreurs, mon coté mono maniaque du svp-merci, bonjour-au revoir MADAME, d'assortir toujours la couleur des volants des à la tenue, du des , de ne pas laisser faire la grass mat à ma famille le dimanche...

et vous obtenez une mauvaise mère réac qui n'a rien compris aux nouveaux principes d'éducation, et qui enverra certainement ces enfants chez des psy ...

En même temps, en partant du principe que la  mère parfaite n'existe pas, que les modes passent et repassent, et que vos enfants vous reprocheront de toute façon quelque chose plus tard, ça va j'arrive à dormir la nuit, merci !!! hihihi!

Sur ce bonne rentrée à toutes (et tous papa brode) !!!! Moi je déménage, avec les 2 dans la même chambre, même s'ils sont fille-garcon!

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08 mars 2008

La trilogie suite....

le  3eme volet des articles sur les dys ... la vision prof, ma grande soeur ...

Confrontation d’un jeune prof avec la dyslexie :

Edit de la sœur : Toutes mes excuses aux quatre personnes qui avaient déjà posté un commentaire (dont Aleth et Miam-Miam). Pour corriger les innombrables fautes de ce texte non relu a temps, j’ai du effacer le message original et en recréer un autre (c’est comme cela que canalblog fonctionne). Du même coup, tous les commentaires ont été effacés. Vous serait-il possible de les réécrire si vous repassez par là ? Toutes mes excuses à ma sœur également.

Je l’ai toujours connue dyslexique. Je  me souviens du combat quotidien de ma mère pour lui faire faire ses devoirs, pour lui apprendre à lire, pour lui arracher chaque mot de vocabulaire, les séances d’orthophonie, les dictées à 50 fautes(sic), les crises de nerfs, les « pourquoi moi je dois travailler 4 fois plus que tous les autres de ma classe et je suis à peine à la moyenne», l’extraordinaire patience, pédagogie et diplomatie déployée par ma mère pour qu’il reste quelques brides de cette leçon d’histoire le lendemain matin et pour qu’elle comprenne bien que ses difficultés scolaires ne faisaient pas d’elle une « sous-personne ».

Je les trouvais vraiment courageuses, toutes les deux. Je ne pensais pas un instant ma sœur diminuée de quelque manière que ce soit, ou moins intelligente que les autres. Mais je voyais tout cela de loin. J’avais 5 ans de plus, j’avais toujours réussi en classe sans efforts, je ne comprenais pas vraiment la douleur du mauvais élève. Je passai le bac, quittai la maison pour commencer mes études supérieures, et le reste de ma famille demenagea à 1000 kms de là.

Quatre ans plus tard, les hasards de la vie ramènent la famille à quelques kilomètres du lieu ou je termine mes études. Ma sœur entre en première ES et ma mère s’essouffle. Elle est usée par ces années de combat, et sculpteur ayant réussi le bac parce que c’était la condition que mon grand père avait posé à son mariage, elle décroche dans certaines matières. Elle envisage de confier ma sœur à des professeurs particuliers.

Oui mais voilà. Entre-temps, presque par hasard, j’ai découvert que j’étais prof. L’intégration hasardeuse d’une ENS pour échapper aux écoles de commerce, un stage obligatoire en première année. J’entre, incertaine, dans une classe de BTS. 28 paires d’yeux me regardent, l’air mi-méfiant mi-amusé (j’ai 2 ans de plus qu’eux et je ne fais pas mon age). 3 heures plus tard, je sors….prof. C’est une évidence.

Cette année là, je me prépare donc à passer l’agrégation. Alors je décide de prendre le relais. Quel sens cela aurait-il de me préparer à une vie d’enseignement si je n’en fait pas profité mes plus proches ? Un prof extérieur est recruté pour le soutien en math, je m’occuperai de l’eco, de la philo, et de l’anglais. Je ne sais pas encore que cela va m’occuper trois soirs pas semaine et la moitié du week-end.

Dans cette tâche qui m’attend, je pars avec un gros handicap: je suis prof. C'est-à-dire, ex bon élève, incapable de comprendre que les gens ne comprennent pas. Mais j’ai aussi un gros atout. Depuis deux ans, j’ai enfin chaussé les vans du mauvais élève. J’ai intégré une ENS sans avoir jamais pris un cours de la matière dont je suis soi-disant spécialiste (parce qu’en France en étant bon en maths on peut faire n’importe quoi. N’importe quoi, comme se spécialiser dans une matière dans avoir jamais pris un seul cours de celle-ci). Le choc a été rude. A moi les 4 heures passées hagarde au fond de la classe à ne pas comprendre un mot du charabia que débite le prof. Deux ans en terre étrangère. Et puis l’agreg approchant, je me suis dit que si mon destin était de devenir prof, autant avoir compris quelque chose à la matière que j’allais enseigner. Alors je me suis isolée deux mois à la campagne, avec un livre de terminale, deux trois bouquins élémentaires, deux trois bouquins spécialisés. Je les ai lu deux, trois, parfois quatre fois chacun. Et en septembre, j’étais prête à tomber malade de cette grègue dont on m’avais battu et rebattu les oreilles.

Mais j’étais largement autodidacte. Je n’avais eu aucun complexe à rouvrir, dans une année qui était pour moi l’équivalent de la maîtrise, un bouquin de terminale bien fait pour apprendre les bases qu’on ne m’avait jamais enseigné. Je n’avais eu aucun complexe à repartir des concepts les plus élémentaires d’une science, de leur enchaînement logique le plus basique, pour ne raffiner et ne complexifier ma vision du système social dans lequel nous vivons que bien plus tard.

Et j’allais rapidement découvrir que, pour qu’un enfant dyslexique comprenne un cours, l’élémentaire, les concepts de base, la logique, l’enchaînement, doit être irréprochable, « crystalclear » comme disent les anglais.

Parce que l’enfant dyslexique possède sa propre logique. Je le découvre en la faisant travailler sur ses disserts de philo. Pour un élève normal, le processus thèse-antithèse-synthèse est parfaitement logique. Pour elle, la logique consistait à présenter d’abord la conclusion (dans l’introduction donc), puis à remonter les étapes du raisonnement. Dans d’autres matières, elle fonctionnait par associations d’idées. D’autre fois encore, j’étais incapable de comprendre comment elle procédait. Mais certainement par intuition. Elle parvenait directement à des conclusions et des « lois », dont j’avais mis des années à déchiffrer la signification. J’étais éblouie….éblouie et bien emmerdée. Parce que bien évidemment, le correcteur n’admettrait qu’une seule logique le jour du bac.

Alors je lui dis. Je lui dis que je suis éblouie par ses intuitions, afin qu’elle comprenne que sa logique n’est pas illogique mais autre, que je suis admirative de son intelligence, qu’elle possède une intelligence que d’autres feraient bien de lui envier. Mais je lui dis aussi qu’il va falloir tricher. Que je ne comprend pas comment elle fonctionne, que je ne peux pas vraiment rentrer dans sa logique, mais que je peux au moins essayer d’en déployer plusieurs (et par la suite je passerai des heures à trouver trois manières différentes d’expliquer la même idées), et surtout que je vais lui apprendre à réécrire ses idées dans la logique « standard », celle qui est demandé le jour de l’examen. Mais pour cela, il faut entièrement démonter le raisonnement, jusqu’aux concepts premiers.

Impossible de tricher avec des élèves dyslexiques. Il faut leur donner toutes, toutes les étapes du raisonnement, et avoir plusieurs chemins à disposition, ‘faire appel à leur monde’: utiliser l’enchaînement des concepts, mais également, puisqu’il s’agit de sciences sociales (philo et éco), l’histoire, les magasines, l’actualité, la vie quotidienne, et les erreurs passées des scientifiques (ça leur permet de voir que cette logique reconstituée n’est pas, contrairement à ce qui est enseigné, intuitive. Que ces théories ont été construites au fil des ans, par essais-erreurs, à la force du poignet. Dans la nuit de l’esprit. Dans le brouillard. Comme celui dans lequel il se trouve).

Et puis, il a les problèmes de mémoire. Ce qui rentre par l’oreille du dyslexique ressort instantanément par l’autre. Même quand on le fait rentrer 10 fois (et 10 fois pour un élève de 16 ans, c’est trrrrès pénible). Alors je fiche, je trouve des chemins, je presse, j’ordonne, je sélectionne la moelle, l’essence de ma matière et je lui donne à la petite cuillère au lieu d’utiliser la louche académique. Ca prendra le temps qu’il faut. Et quand je suis démunie, je demande à ma mère de lui faire apprendre. Dyslexique elle aussi, elle est spécialiste des associations d’idées. Je n’y arrive pas, c’est vraiment une logique étrangère à la mienne.

Et surtout, je la fais écrire. 10 fois l’introduction. 10 fois le même paragraphe. Pour lui montrer comment démonter son raisonnement et le remonter selon les canons en vigueur. Ou pour que sa propre logique soit aiguisée et claire jusqu'à devenir crédible aux yeux du correcteur. Je lui apprends qu’il vaut mieux ne pas terminer sa copie que de ne pas avoir le temps de se relire. Car se relire fait évidemment horreur aux élèves dyslexiques, dont les phrases n’ont parfois aucun sens à leurs yeux d’être une pâle imitation d’une logique qu’il ne comprennent pas, et qui sont en sus bourrées de fautes d’orthographe. Sauf que les fautes d’orthographe, en anglais, allemand, ou espagnol, deviennent des fautes bien plus coûteuses. Alors je lui fait faire des pages et des pages de rédaction en anglais. Et je l’oblige à se relire, avec en tête trois grosses fautes à corriger (genre le s à la troisième personne du singulier). Pour que ça devienne des automatismes. Elle se relit avec moi, et elle se relit jusqu’à ce que ces trois fautes là soient éliminées. Et on passe à la suite.

Ca se termine parfois en crise de nerf. Mais elle me fait confiance. Elle me voit réfléchir en même temps qu’elle, démonter les phrases en même temps qu’elle. Elle me voit prendre un chemin, puis en chercher un autre, puis en chercher encore un autre. Elle me voit aux prises avec la connaissance, et elle comprend que la science n’est infuse pour personne.

La Première, puis la Terminale.

La tête dans le labour, toujours. Au bac blanc, on dépasse les 11 de moyenne. Succès incroyable dans ce lycée parisien réputé de bon niveau. Elle demande un tiers temps pour le bac, qu’on lui refuse. Elle n’a pas un « vrai » handicap ( !!!!). Elle est au rattrapage….et rate le bac.

Elle le prend avec philosophie. Entre temps ma mère a œuvré pour lui permettre de « se trouver », pour l’aider à se dévoiler ce qu’elle aime, ce qu’elle voudra faire tous les jours de sa vie professionnelle. Elle s’oriente vers la déco, et trouve une école qui la prend sans le bac. Car pas question pour elle de le repasser si elle le rate. Elle intègre cette école, et dès lors, s’épanouie complètement. Son corps, son visage est plus ouvert, plus serein. Elle a trouvé sa voie, elle a cessé d’être « celle qui travaille quatre fois plus que les autres pour un résultat moyen ». Elle est libérée au sens propre du terme.

Pour moi, en revanche, c’est un camouflet terrible. Un échec personnel. Parce qu’entre-temps, j’ai eu l’agreg. Major. J’ai été payé pendant un an pour préparer ce concours, je n’ai donc pas d’autre mérite particulier que celui d’avoir travaillé dur….et d’avoir fait face à mon ignorance sans complexes. Et cela, c’est largement grâce à elle. Grâce à elle que j’ai consacré les deux premiers mois de la préparation à lire des livres de lycée au lieu de me plonger dans des raffinements infinis. Sans me sentir diminuée en une quelconque façon. Grâce à elle que les bases étaient si solide que j’ai pu construire si haut dessus. Grâce à elle que j’avais cette multitude de perspectives sur ma matière, notamment cette vision historique qui deviendra ma spécialité par la suite (en thèse). Et j’avais été incapable de lui rendre la pareille. A quoi cela servait-il de voir ses soi-disant aptitudes à l’enseignement sanctionné par une première place si cela ne me permettait même pas de la hisser jusqu’au bac (contrairement à certaines idées recues, l’agreg n’est pas un concours complètement idiot qui sanctionne des connaissances. Pas dans ma matière en tout cas. Le jury note, à l’oral, une réelle aptitude à transmettre du savoir. Les résultats sont proclamés publiquement, et si vous allez discuter avec le jury ensuite, ils vous sortent les fiches détaillées de vos oraux, se souviennent précisément de votre exposé, de vos faiblesses et atout, de votre clarté, de votre attitude générale, ect.). Jeune prof et déjà en échec.

Et puis j’ai étouffé mon amertume. J’ai enseigné à des « grands », ceux qui à leur tour préparaient l’agreg.. J’ai acquis la certitude d’être un prof honorable, parce que je n’ai oublié cette période où je ne savais rien de la discipline que j’enseigne. Il y a quelques années à peine, il a fallu commencé par le commencement. Et je n’ai pas honte de conseiller à mes agrégatifs d’aller ouvrir un bouquin de lycée, de passer quelques mois sur les bases, pas plus que je n’ai honte de leur dire que « non, je ne sais pas. Mais je sais ou chercher. On en reparle demain.»

Il y a quelques jours, j’ai lu cette phrase dans l’Elegance du Herisson (Muriel Barbery) :

«Ceux qui savent faire font, ceux qui ne savent pas enseignent, ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique. »

J’ai souri. C’est vrai pour certains. Faut pour pleins d’autres, méritants, et excellent formateurs que j’ai rencontré ces dernières années. Ce n’est pas tout à fait vrai pour moi, je crois.

Et puis elle m’a demandé d’en parler. Du prof face à la dyslexie. Elle voulait faire une série sur son blog. Avec le témoignage d’une maman, la notre (il est ici), d’une orthophoniste, une amie (là), d’un prof, sa sœur, et d’elle-même (à venir). Alors en y repensant, je me suis aperçue qu’aujourd’hui elle aime écrire, et qu’elle écrit bien, comme en témoigne son blog. Et quelque part j’ai l’espoir que toutes ces heures passées à raturer n’aient pas été vaines……

 

Par ce que cette maladie touche des milliers (dizaines de milliers ? centaines de milliers ?) d’élèves en France.

Parce que l’éducation nationale ne fait rien contre ce fléau.

Parce que les dégâts vont bien au delà du carnet de note : tous ces enfants traînent leur mal être au fond des salles de classe, persuadés qu’ils sont des « nuls » ou des « débiles » ; pendant l’enfance et l’adolescence, les performances scolaires sont le principal, et souvent le seul, mode d’évaluation de ces enfants. S’ils sont « nuls » en classe, alors ils sont « nuls » tout court.

Parce que cette souffrance « casse » irrémédiablement ces enfants.

Parce que les profs, souvent anciens bon élèves, sont totalement démunis face à leurs difficultés.

Il faut en parler.

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23 novembre 2007

Le club des Dys: l'Ortophoniste

Comme je vous l'avez promis, après l'article sur la vision de la mere, voici la vision de l'orthophoniste ( ma cousine en l'occurence), bientot aussi la vision de la prof ( bea si le sousentendu est pas assez fort, pause ton bébé dans un coin, est bosse !)


Ça y est, je m’y mets enfin, après un bon coup de pied aux fesses ! la elle fait allusion à mon harcelement !!!

Par quoi commencer, le sujet est vaste, délicat, ne pas trop faire médical mais donner les informations, rassurantes si possible afin de ne pas alarmer toute la blogosphère !

Une petite définition pour commencer peut-être !

La dyslexie est un trouble spécifique et durable de la lecture, chez un enfant qui présente un retard d’au moins 18 mois par rapport à sa classe d’âge, et ceci en ayant éliminé d’éventuels problèmes intellectuels, auditifs, visuels, psychologiques, environnementaux graves. La dysorthographie est ce même trouble mais cette fois-ci portant sur l’orthographe. Le plus souvent ces 2 troubles sont liés.

Il serait donc abusif de parler de dyslexie et/ou de dysorthographie chez un enfant n’ayant pas, ou à peine, commencé à apprendre à lire ou à écrire.

Certains enfants, dès le 1er trimestre de CP sauront lire pratiquement tous les mots, d’autres y parviendront un peu plus tard.

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Les causes de la dyslexie sont encore vagues, trop pour répondre aux demandes des intéressés, mais la recherche avance, fait son chemin… On a cependant souvent constaté qu’un enfant dyslexique avait quelque part dans sa famille des personnes ayant des difficultés de langage oral et/ou écrit. MAIS ceci n’est pas une fatalité (j’en comprends cependant les inquiétudes, peur de voir son enfant avoir le même parcours si difficile à l’école, devoir se battre chaque année avec les professeurs pour que les difficultés soient prises en compte, etc…)

Il y a différents paramètres entrant en compte dans l’apprentissage de l’écrit :

            Le langage oral (savoir articuler les sons de la langue correctement, produire des phrases syntaxiquement correctes)

La conscience phonologique : savoir repérer dans un mot, un son ou ensemble de sons (jeu des rimes par exemple)

Le traitement visuel (pouvoir comparer des séries de dessins, analyser les signes présentés)

La mémoire (hé oui Maman V&TDJ ! mais j’y reviendrai plus tard !!)

Le repérage spatio-temporel (comprendre les notions d’avant-après, repérer la droite et la gauche)

Parfois, ces compétences ne sont pas bien mises en place, pas suffisamment maîtrisées à l’abord de la lecture et peuvent entraînées des difficultés à l’apprentissage de la lecture. Parfois elles seront temporaires, parfois plus durables (ce qui fait d’ailleurs toute la différence entre une difficulté de l’apprentissage de l’écrit et la dyslexie).

La lecture, comment ça marche ?

Deux possibilités s’offrent à nous, lecteurs « experts » :

La voie phonologique : il s’agit d’associer les unes aux autres les lettres afin de parvenir à la lecture du mot entier (c’est le bé et a, ba). Adultes, nous utilisons cette voie de lecture pour les mots nouveaux, les mots étrangers, les noms de famille russes !!

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La voie d’adressage : il s’agit de la reconnaissance globale d’un mot, mémorisé lors de nos lectures antérieures. C’est la voie de lecture que nous utilisons le plus, qui nous permet de lire rapidement ; c’est également elle qui nous permet de lire les mots irréguliers (monsieur, oignon), il est enregistré dans la mémoire, la voie phonologique ne nous permettrait pas de le lire.

Essayez d’analyser lors de votre prochaine pause-lecture votre façon de lire et vous comprendrez tout de suite comment marchent ces mécanismes !

Voie phonologie : analyse visuelle fragmentée à conversion graphème-phonème (lettre-son) à mémorisation à court terme des mots

Voie d’adressage : analyse visuelle globale à traitement lexical à mémorisation à long terme des mots.

Ces deux voies sont indispensables pour devenir un bon lecteur. Lorsque les difficultés surviennent, ces deux mécanismes peuvent être « défaillants ».

Concrètement (et pour faire court, j’ai l’impression que cela va faire un long pavé indigeste…)

Lorsque la voie phonologique n’est pas efficiente :

- des confusions de sons auditives (f/v, p/b, t/d, ch/j…)

--> mauvais traitement auditif

- des inversions de sons (cra/car, il/li, an/na, ain/ian…)

--> mauvais traitement de la chaîne chronologique des sons

- des erreurs de lecture:

lorsque l’enfant ne connaît pas le mot, il essaye de le rapprocher d’un mot qu’il connaît (toir sera lu troi par exemple).

            Lorsque la voie d’adressage est déficiente :

- des confusions visuelles (m/n, p/q, f/t, ou/on…)

-->mauvais traitement visuel

- des régularisations de mots (comme je le disais tout à l’heure, monsieur va être lu littéralement, chœur, femme…)

Toutes ces erreurs seront les mêmes pour la dysorthographie, mais cette fois-ci au niveau des productions écrites de l’enfant.

Parfois seul un type d’erreur est présent, parfois plusieurs sont associés.

L’enfant en cours d’apprentissage de la lecture et de l’écriture peut passer par des phases de confusions de sons, d’inversions, d’erreurs de lecture…il ne faut pas s’alarmer dès qu’on repère une erreur, rester vigilant certes mais le plus souvent ces difficultés sont passagères. Et au moindre doute, parlez-en à l’enseignant, à votre médecin, prenez rendez-vous chez un orthophoniste si cela vous inquiète de trop, il vaut mieux consulter et être serein après que de rester avec ses peurs, ses angoisses (que l’enfant ressentira bien évidemment !!).

De ces difficultés vont résulter d’autres signes :

- une lenteur à la lecture et l’écriture

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(imaginez-vous en train de lire du russe…pas très rapide comme lecture non ?! c’est exactement ce qu’il se passe dans la tête d’un enfant dyslexique…)

Petit exemple, enfin c’est ce que j’imagine quand je vois mes patients lire :

pour lire voiture alors déjà il faut identifier correctement les lettres (on va dire que cette étape est ok)

vé et o, vo, i et té euh c’est pas possible ça, qu’est ce que ça pourrait faire…alors donc on a dit té et i ah oui ! ti, ère et e, re ah zut je ne me souviens plus du début du mot…alors on recommence…

- des difficultés pour la copie

(exercice très difficile, lire le mot prend du temps, donc on regarde chaque lettre pour la réécrire dans le cahier, mais en cours de route le t s’est transformé en d…et cela prend, forcément beaucoup de temps, on a à peine commencé que les autres ont terminé depuis longtemps…).

- des difficultés de compréhension

ben oui, il faut déjà lire tous les mots un à un alors comme ci-dessus, alors après voir si ce mot veut dire quelque chose, et quoi et quel est le rapport avec celui d’avant, et avec ce lui d’après, le cerveau n’arrive pas à traiter toutes les informations en même temps.

- des difficultés de mémorisation

l’accès au sens étant difficile, vous avez déjà essayé d’apprendre quelque chose que vous ne compreniez pas ?

Bon courage…

-le dégout

avec le temps, parfois on baisse les bras, parfois arrive un dégoût de la lecture, parfois on en a marre d’aller chez l’orthophoniste alors que d’autres vont jouer au foot ou courir dans le jardin…

La clé de la réussite, pour ma part, et ce pour tous, dyslexiques, dysorthographiques, pas-dys, c’est de garder le PLAISIR DE LIRE !

Lire, ce n’est pas lire en 2 jours le dernier de 810 pages (très indigeste en si peu de temps, je vous le déconseille fortement !), mais prendre du plaisir à découvrir la règle du jeu au dos des paquets de céréales, lire le dernier article de 6 lignes sur les dernières folies de Britn*y Spe*rs parce que ça plaît à votre aînée, lire ensemble le soir une histoire, 10 lignes pour vous,  2 pour votre enfant, choisir ensemble le programme télé du dimanche après-midi et si l’envie lui prend pour quoi pas un livre carrément ! Il aime les bandes dessinées ? Tant mieux ! Il garde le contact avec ce cher papier !

Bravo à Anne-So et sa maman pour ce courage déployé pour aller au-delà des difficultés, des préjugés ; c’est pesant, décourageant, parfois énervant. Le chemin est dur, semé d’embûches mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. Les professionnels se forment de plus en plus, l’Education Nationale nous semble toujours être le boulet de l’histoire mais on avance vers cette prise en compte des difficultés, au fur et à mesure, en en parlant justement, en témoignant, et en dialoguant.

Et enfin, pour finir (y en aura toujours à dire !), spécial pour Mme Maman V&TDJ, la mémoire !

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La mémoire, la mémoire, non les mémoires ! il y a la mémoire visuelle, la mémoire auditive, la mémoire à court terme, la mémoire à long terme, la mémoire de travail…

Ce qu’il faut retenir en fait de la mémoire, c’est qu’elle est très importante quel que soit le mode de lecture engagé.

Il faut pouvoir retenir le son de chaque son (c’est bête à dire en fait !) et repérer les différences qu’il peut avoir avec les sons voisins, se souvenir que à tel son correspond telle lettre (voire telles lettres), se souvenir des mots déjà lu pour ne pas avoir à tout re-déchiffrer à chaque fois, se souvenir du premier mot de la phrase puis du 2ème, du 3ème et ainsi de suite pour pouvoir comprendre la phrase, retenir les règles de grammaire puis quand on écrit les mettre en application…

Voilà pourquoi la mémoire est si importante, parce que quoi qu’on fasse, la mémoire intervient, et muscler sa mémoire c’est s’enlever une épine du pied lors des apprentissages. Je ne vous demanderai pas bien sûr de faire un mémory tous les soirs avant de vous coucher ! Bien qu' il est vrai que c’est un jeu que les orthophonistes adooooooooooorent ! Les difficultés des dyslexiques peuvent être dus, en partie à des difficultés de mémorisation (visuelle qui explique les confusions visuelles de sons, les erreurs de régularisation de mots par exemple).

Bon allez la der de der, il n’y a pas une dyslexie, mais DES dyslexies ; chaque enfant a ses particularités, comme les difficultés qu’il peut en découler.

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21 octobre 2007

le club des Dys

Comme certain d'entre vous le savent déjà, je suis dylexique, et comme à travers plusieurs blogs, je me suis rendu compte que beaucoup de maman lutte contre  le systeme, car leurs enfants n'est pas scolairement adapter (je precise bien ici, que nous ne sommes pas differents, ou diminuer !!!!), je vous propose , une serié d'article, pour vous faire une idée, et dire au maman de continuer, de ne pas se decourager, c'est dur, mais ca vaut le coup ...

Il y aura les pensés de l'enfant (avec moi), de la maman (avec la mienne), des profs (avec ma soeur qui est prof), et des professionnels (par lucile, orthophoniste)


article d'après la mère: la mienne en occurance !!!

__

Ca a commencé en maternelle quand on m’a dit que ma fille était mal latéralisée. Ma fille, elle était mignonne et visiblement aussi délurée que les autres petites filles de son âge, gaie comme un pinson alors qu’on me fiche donc la paix et qu’on lui fiche donc la paix à elle aussi. Elle n’était qu’en maternelle et elle aurait  bien le temps de se « latéraliser «   plus tard ! A chacun son rythme !

« A chacun son rythme », quelle grave erreur de ma part quand on parle de la grosse machine à uniformiser qu’est l’éducation nationale !!!!ZCAESDRZECA0J1INPCA7EMGKDCAMU0ARICA8OROGBCA0768G9CADPNMDMCAJKKHZMCA14240JCA3811XNCANHABQTCAAJWHN3CA566WI8CACV4V3FCA9P3XZ1CA6RIM8JCA216TUECARV1NUYCAE4OM26

Mais je ne savais pas, j’étais une jeune maman dont les jeunes enfants précédent cette fille « mal latéralisée » n’avaient pas connu de difficultés d’adaptation au rythme scolaire et à l’apprentissage de la lecture. Ils auraient même eu tendance à aller plus vite que la musique réglementaire.

Arrivée en CP, on m’a demandé d’aller consulter un orthophoniste parce que visiblement ma fille avait des problèmes.3CAEHSVT2CAQ0LMGVCAWTWEGGCA3XCE1QCARJ0L8MCA2YIISGCAANBSDJCAP5WMQECA2NLVMPCALUZAXGCAYI707BCAMXJ9LFCANC1VY8CAEZC1WTCA6Z7V2FCASBQN32CAMT4UIYCA1M84XXCATGIER5

Des problèmes, oui, effectivement, je m’en été rendue compte. Comme pour les autres enfants (J’avais une conscience aigue qu’il est primordiale de suivre  et d’accompagner son enfant dans ce moment d’apprentissage qui est déterminant pour sa scolarité voir même sa vie future ayant moi-même d’exécrable souvenir de cette période de mon enfance, j’y reviendrai), je suivais très attentivement tous les soirs les devoirs et la lecture à faire et cette fois, ça n’allait pas tout seul !

Tous les soirs je me battais avec ce sal animal de Ratus et sa compagne Mina.ratus1 Les dessins étaient moches, les phrases idiotes.ratus Il fallait retenir des mots voir des phrases entières et Anne  Sophie n’y arrivait pas. Visiblement cette enfant n’avait pas de mémoire et pour en avoir été privée moi-même toute ma vie, je mesurais déjà quel lourd handicape ce serait pour elle, je ne pensais pas encore à la dyslexie. 3CAV5T6BMCA6OFV7TCAHEHYVQCA5TIUE5CAJHHTCRCAWNTK5BCA2TJU2QCAF92L73CAJQEGNVCAE7BKKMCAQWBOYGCABN4FTACAEJ2KGNCAFIE22ACAQ4GOWWCAEMKNYNCADG4NLFCAC0E2G1CAVC7BUA

J’étais obligée de développer des prouesses d’imagination pour trouver des moyens pneumos techniques bien plus compliqués en apparence que les mots à retenir, pour qu’elle arrive à emmagasiner sa page de lecture ( on fonctionnera de même pendant toute sa scolarité pour chaque leçon !)3CA5V4YIRCAR250SICACJGK0YCAH8ILIECAUXSB4UCANUE0P5CAIZQ25DCAJ1GMMDCAFYCLSNCAU6JKUXCAAPTO66CAN6WA5UCAWFC4RPCAN9I78TCAF6QUFUCAEMFTZOCAJ5X7LDCA7R155SCARVKVSS

L’effort à fournir et l’attention demandée était bien trop long après une journée de classe pour une petite fille de son âge, j’en étais consciente mais que faire ? Il fallait quand même bien qu’elle suive !sablier

Suivre, le mot est lâché !!!! Courir toute sa vie derrière un train en marche dans l’espoir de le rattraper sous peine de rester en rade, seule sur le quai et de ne pas pouvoir faire vous aussi, comme les autres, votre place au soleil ! Ca demande beaucoup de souffle, beaucoup d’endurance, une rage de vaincre de tous les instants, une grande pugnacité. On n’est pas préparé à ça quand on est une toute petite fille.

L’effort était démesuré et le résultat bien piètre car la leçon apprise le soir dans la douleur se révélerait oubliée le lendemain matin même. Combien de fois ne suis-je pas allée m’expliquer rageusement devant des maitresses qui écrivaient sans rien avoir compris qu’Anne-Sophie n’apprenait pas ses leçons, trois fois soulignés de rouge ! bic_20rouge(J’avais une revanche à prendre et quelque part c’était jouissif pour moi, on n’a pas le droit de casser quelqu’un comme ça sans en rien connaître.)

J’ai pris ma fille sous le bras et nous sommes donc allées consulter. Le verdict est tombé, fille de dyslexique et petite fille de dyslexique, ma fille serait elle aussi dyslexique, quelle cruauté et quelle  persévérance  dans l’hérédité !Dyslexie_15

Dans notre malheur nous avions de la chance, je savais ce que c’était, pas médicalement parlant s’entend, mais de la vivre au jour le jour.

J’en avais souffert et toute ma petite enfance me revenait à la mémoire.

Je me souvenais de la médiocrité récurrente de toute ma scolarité ,boulet éternel qui fait qu’on colle une étiquette à l’intégralité de votre personnage ; je me souvenais de la honte des dictée rendues avec la maitresse mettant ostensiblement ,bien fort et devant toute la classe, l’accent sur vos 150 fautes en 8 lignes d’écriture ; je me souvenais du pensum des devoirs et de ces leçons i mémorisables pour moi qui me vaudraient des punitions à plus soif et donneraient l’impression aux profs et à mes parents découragés que j’étais d’une paresse crasse ; je me souvenais de mon douloureux apprentissage de la lecture avec « Mademoiselle ».le_precepteur

Permettez ici que je fasse un aparté pour vous parler de « Mademoiselle ». Mademoiselle était « LA » solution que croyaient avoir trouvé mes parents pour me faire lire couramment et, pourquoi ne pas rêver un peu, aimer la lecture. Mademoiselle était en fait une répétitrice qui me faisait lire à haute voix, durant un temps que je trouvais interminable, des histoires pas du tout passionnantes.

Pendant ce temps, je savais que ma sœur  qui avait finie ses devoirs était enfermée dans sa chambre occupée à son passe temps favori : la lecture. Eh oui, il parait qu’on pouvait aimer ça ! C’était pour moi inconcevable et tout à fait incompréhensible d’ailleurs nous étions à cette époque là, totalement étrangère l’une à l’autre.

Pendant ce temps là encore, j’entendais mes frères eux aussi libérés de leurs devoirs, courir en criant et riant dans le jardin, chose que cette fois j’enviais carrément !SCAUIHWYVCAQPGI6TCAE82LOZCAYCGEI1CAEW4YXGCAUEF8KNCAC0DBITCAU4NO9LCA3BT1F1CAVD4TMOCAO325OFCAOI5KEGCA7L6FBICASH1ASDCANZFAO3CA8YKAVTCA4MHZGRCA81YM8ICA6MK9CS

Mademoiselle donc, à l’heure où je n’en étais plus à l’apprentissage (ou j’aurai du savoir lire couramment) mais où j’ânonnais toujours, venait avec grande régularité afin de me torturer. Elle était petite, boulotte, elle transpirait beaucoup. Elle était sèche et sans grâce (on est sensible à toutes ces choses là quand on est petite fille). Sans imagination non plus elle s’en tenait aux strictes consignes de sa tâche à savoir : me faire lire à haute voix et me reprendre à chaque fois que je me trompais ou que j’inventais, (par facilité ou plaisir, sans doute les deux  car j’avais, moi, de l’imagination) la fin d’un mot difficilement déchiffré et même, dans la foulée, le reste entier de la phrase pour que ça aille plus vite.oresme1

Ce fut, je crois, une grave erreur de mes parents. Ils auraient choisi une personne avenante et sympathique qui aurait mis dans son travail un peu de chaleur et d’inventivité pour me motiver, ils ne seraient pas arrivés à l’inverse de l’effet recherché, une détestation plus profonde encore pour la lecture qui avait dorénavant les traits peu avenants de « Mademoiselle ».

Je crois que  j’aurais peut être pu aimer la lecture plus tôt si j’avais pu donner mon cœur de petite fille à la personne qui venait s’occuper de moi ; comme on devient sage à l’école alors même qu’on était turbulente, par amour d’une maitresse. On fonctionne ainsi à cet âge là !

Une chose était sure, il n’y aurait jamais de « Mademoiselle » pour Anne-Sophie je m’en faisais le serment ! Fin de l’aparté.

Elle était dyslexique, je savais que ça voulait dire se battre, elle ne le savait pas encore et l’apprendrait bien assez tôt. Il faudrait de la patience et du courage, de la rage aussi et ça j’en avais pour deux, nous lutterions ensembles.

Dyslexique ça voulait dire quoi ? Encore une fois je ne suis pas médecin et je ne prétends pas ici en donner le symptôme exhaustifs, je me base sur notre vécu à toutes les deux qui me semble assez similaire dans les grandes lignes.

-D’abord ce défaut de latéralisation qui fait confondre toute sa vie la droite et la gauche (même maintenant cette différenciation demande toujours un temps de réflexion), du coup mélange des b et d, des p et g, inversion de l’ordre des lettres dans un mot….et plus tard grosse colère à cause de votre prof d’auto-école qui s’escrime à vous dire « tournez à gauche » au lieu de vous dire « tournez ici » en  faisant un signe, ce qui est quand même beaucoup plus simple vous en conviendrez avec moi !XCA63M739CATFG3ZFCA9ATA2YCA7MW5L1CAQRQ5THCADDOQSFCALFQN0ZCAAE00OECATVKC2WCA5RWVP0CA9UNJ5DCA600QRGCA3ALYGYCADIL2KQCACD5JRLCAHXN5LLCAUH9GVJCAW8O82MCAI7Y5I2

Je me suis rendue compte des années plus tard que la dyslexie me posait des problèmes d’inversion dans la perspective des dessins.

-Un énorme problème de mémorisation, et qu’on ne vienne pas me dire que la mémoire ça s’éduque sinon je mords !!!!!

C’est peut être vrai par ailleurs mais pas dans le cas qui nous concerne.

J’ai entendu rabâcher  ça toute ma vie. A un moment donné je me suis dis que c’était peut être vrai et que ca valait vraiment le coup d’essayer parce que pas de mémoire c’est vraiment, vraiment très difficile a vivre et très pénalisant. Je me suis, entre autre, mise à apprendre par cœur des tas de choses (que j’ai oubliées) et notamment des poèmes. Ca m’a donne le gout de la poésie et le sens de la musicalité dans une phrase donc je ne regrette rien, mais de mémoire point. Le grand vide.DCAMH085NCA4PYO9QCA0I9T16CAVKVE9JCATEDH09CAPVW9A2CAUWV6UBCAE6BULCCAH2MGAHCAJ560VJCARQAQV7CAUHUSD4CAQPOEBYCAMG0R9DCAQJZL2ZCAG50MKFCAZF17L0CAVMV8FZCAGQ7B5L

Je n’ai donc jamais considéré que l’inaptitude à la mémorisation de ma fille était un problème annexe et sans fondement. Il faut lui demander ce qu’elle en pense mais pour moi, je crois bien que c’est même le plus lourd à porter dans la dyslexie. Il est la source d’un problème collatéral d’importance, un manque permanent d’assurance de soi.

-une énorme dysorthographieICAW3BIZ4CAIL99QHCA17R0F6CAJCKGSQCAYTEP0PCA91BC2UCAA3RTEFCAX5O91UCANIX394CASNA21FCAQRFWFECA9Z9TMXCAMYJTTWCA4NO2Y9CATBSH93CA29ECUJCA3OCY7LCAFMDNWCCATHEJ3R

- Le sentiment d’échec dans un système qui ne vous correspond pas et la médiocrité qui semble attachée a la totalité de votre personnalité et qui vous empêche de vous construire harmonieusement.

Il n’y a jamais eu de véritable problème de langage chez Anne-Sophie qui s’est révélée précocement plutôt bavarde.

Donc, en plus de l’école et des devoirs interminables il a fallu caser l’orthophoniste. img_9397

Je n’ai jamais compris pourquoi les méthodes d’un orthophoniste pour différencier par exemple le d du b n’étaient pas systématiquement enseignées à tous les élèves d’une classe. Cela ne prend pas plus de temps et serait sans doute profitable à beaucoup d’autres élèves qui, bien que ne présentant pas de symptôme de dyslexie, ont des petits problèmes d’apprentissage. En général ces méthodes, pour ce que j’en ai vu, sont simples, ludiques et souvent tout simplement pleines de bon sens.tn_orthophoniste

Demander à un enfant de cumuler l’école, des devoirs plus longs que la norme et des heures d’orthophoniste est tout simplement inhumain Cela l’empêche de s’épanouir par ailleurs, le maintenant trop longtemps dans une activité et une ambiance qui lui déplait et qui n’est jamais valorisante pour lui.abecedaire_1

Si j’en avais eu la possibilité, j’aurais volontiers retiré Anne-Sophie de l’école durant l’année de son apprentissage de lecture pour lui faire un programme adapté et l’y remettre après. D’autant que Ratus et sa semi globalité ne lui correspondait pas du tout et qu’il était bien plus facile pour elle d’apprendre selon la méthode Boscher que b et a faisait ba. En effet il n’y avait rien à mémoriser là dedans, juste à acquérir un reflexe de lecture.

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i, u, o, a, .. puis .. e, é, è, ê

Puis le p de pelote, et pi, pu, po, pa, pe, ..et " pi pe ", " pa pa " " é pi " " pi e "

Et demain le t de toto, puis le r du chat qui ronronne .. n, m, avec déjà

" ma mère a ramené petite marie " qu’on sait lire.

Le C est vu d’abord avec a o et u .. pas e et i ... le S ne fait que le son " sss ", le g, que le son GUE (on ne voit que ga go gu) ...

Ensuite on attaque les couples de lettres :

ch de cheval, ou de soupe aux choux, on de bonbon, oi de l’oie, an de danse, le in de sapin, le eu de jeudi ....

Puis br, pr, dr, vr ...bl, pl ...ar, or, ir, ur ... al, il ...ac, our, ...ill, ail, euil ...

ô = au = eau, oin, ien ... ein ...

C’est la méthode syllabique. On dit aux enfants le bruit que fait (habituellement) chaque lettre, on le lui fait retenir (il l’apprend !), puis il utilise ces bruits pour arriver à les associer ..

On lui montre très vite les associations qui ne sont que des conventions pures (o et u, a et n ..) et on les lui fait apprendre de telle façon qu’il n’hésitera plus une seconde devant un ou ou devant un oin. 

Pour ma dyslexique de fille, c’était bien plus évident et cohérent qu’une méthode qui vous demande de retenir un mot avant que de savoir le déchiffrer.

UCAID4MAHCAX1GFMMCAAXKX5CCA2O86C1CA9Q94H5CAUFOKW3CACCA2ICCAMLADBMCA32IK6RCA2WHZTNCAKF95VHCAJT9PV6CAS9LEMHCAUI4VVTCAICYJKOCA4PQDJZCAPEZBBMCAOICO6XCA3YV21W

La maitresse, comme tant d’autres, me certifiant comme scientifiquement prouvé que la mémoire s’éduque, me fit comprendre qu’il serait profitable pour ma fille que je joue avec elle à des jeux style Memory pour tout petit et autres jeux de ces acabits. (On trouve maintenant des tas de jeux adaptés à tous les âges).

Encore une qui croit au Père Noël ! Mais afin de ne pas négliger une piste qui, si elle s’était révélée inutile pour moi, pouvait peut être marcher pour ma fille, nous nous sommes, en plus du reste, mises à jouer le soir. Seules ou avec des frères et sœur ravis de ce nouvel engouement. J’ai essayé quantité de jeux différents qui faisait appelle à la mémoire. Tous sans exception ma fille les a rejetés.HCA1AEMAYCAMKGCXECAT2G7RNCA6FEXN8CAXEMFOJCA6DM559CA26BP2CCAZ6Z8OBCAK7B29ACADHCLH4CAAWAG80CA3VEI74CAZK3NAGCA0C0KWTCA4QYKCQCA10FUR5CAJE737ICATW7X9UCARFITJ0

Ce moment qui devait être de dilettante était pour elle encore du travail, elle ne s’y est pas trompée !

Ce n’est parce qu’on joue aux cartes par exemple qu’on a une bonne mémoire, mais bien parce qu’on a de la mémoire qu’on aime jouer aux cartes. Cela permet peut être de l’entretenir ou de l’affiner mais en aucun cas de vous en donner quand elle vous fait autant défaut.3CAPKKNA2CAWP175CCAFSZ060CASE3H4OCAL9E6OHCACO6OSUCAAJ087FCA4DE3G6CA33S167CANELW8XCAHBIWA3CASOWVYFCA11KNM2CA7T02LPCAUZTVN6CAIZ6YT1CAF94EMLCA6AC5K3CADQ8BWV

Quoi qu’il en soit, après une année de travail herculéen, Anne-Sophie savait lire, enfin, pas pour lire couramment une histoire mais déchiffrer suffisamment pour pouvoir lire une énoncée et donc passer dans la classe supérieure.

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En primaire,  l’orthographe et les dictées tiennent une place importante, rajoutez-y une petite dose de grammaire et de conjugaison et voilà la classe bien occupée. Evidemment Anne-Sophie n’était bonne dans aucunes de ces matières là. Gare au sentiment d’échec quotidien !bescherelleBescherelle2

L’important pour qu’elle ne perde pas totalement confiance en elle et ne s’effondre pas c’était de marginaliser son handicap et de mettre l’accent sur tout point positif.

La dyslexie ne rendant pas bête, il est évident qu’elle pouvait très bien rivaliser avec les autres élèves sur de la culture générale par exemple ou dans quelques autres matières ou activités.

Toute bonne note dans ces matières était vivement soulignée, toute mauvaise note en français n’était jamais punie. Il a fallu faire comprendre aux frères et sœur que notre échelle de notification n’avait rien à voir avec celle égalitaire (et du coup très injuste) de l’éducation nationale.correction

Je pouvais très bien encourager et récompenser un -100 en dictée pour Anne-Sophie puisque la dernière fois elle avait -120, et parallèlement sanctionner un 6/10 pour un autre enfant puisqu’il était coutumier des 8/10.

Le maitre mot de la famille est devenu et reste : « Faire toujours de son mieux ». C’est finalement une excellent maxime et une bonne école de vie qui a l’avantage d’aplanir bien des jalousies et des compétitions entre frère et sœur puisque, à cause ou plutôt grâce à Anne –Sophie je me suis appliquée à faire ressortir que chacun avait des qualités et des défauts différents et qu’il n’était ni mieux ni moins bien les uns que les autres. Ils étaient différents, c’est tout. Ecole de tolérance et d’ouverture aux autres.

Reste que marginaliser un handicap qui prend tant de place dans une vie scolaire [dysorthographie mais aussi difficulté (je le rappelle parce que c’est important) de mémorisation pour l’apprentissage des leçons quelles qu’elles soient] reste difficile et n’empêche pas le sentiment d’échec et le manque d’assurance qui va de paire.

Je parle beaucoup de lecture mais l’écriture non plus n’était pas évidente, il  fallait lire à haute voix ce qu’elle écrivait afin de le comprendre. Outre une écriture quasi  phonétique les césures entre chaque mot n’étaient même pas respectées. Elle avait noté qu’il y avait des « trous »dans une phrase ; ne sachant ni pourquoi ni comment, elle interrompait son écriture aux grés de sa fantaisie.arton547

Le déchiffrage pour moi n’étant pas un aboutissement, il fallait essayer d’ouvrir pour Anne-Sophie les portes de la lecture plaisir et facile.

Pour ce faire nous avons durant des années continuées notre lecture à voix haute ensembles.

Il est très important de trouver le type d’histoire, de graphie, de dessin, de format….qui plait.

Le livre doit être attractif et tous n’ont pas ce pouvoir même s’ils sont également « bons ».arton2139

Ne pas chercher la littérature « à lire » mais toujours ce qui est susceptible de plaire même si ca ne relève pas des ouvrages conseillés. L’important ne réside pas dans le contenu mais bien dans l’action de lire.

Toute petite Anne-Sophie avait adopté les livres d’ « Emilie ». On aurait pu croire qu’ayant passé des heures à déchiffrer ces livres pourtant si simple, elle en serait complètement dégoutée ! QCA8DLX5MCAJP61Q6CAU04NUGCA0J63T1CAN2ESPOCA6H3GD6CAMBVSV1CAQR42J3CA31R3H6CAXKX70FCA0UGO8DCA6LDX6RCAGCID05CADJWFPLCA9KX32HCAB7M4FVCA3P5JY9CACNNYJNCACKRUBW

Chaque mot demandait un effort. Il fallait assembler les deux premières lettres puis en rajouter une troisième et ainsi de suite, puis assembler les mots lus pour faire une phrase .Cela lui prenait tellement de temps qu’arrivée au dernier mot elle ne se souvenait plus des premiers, étant ainsi dans l’incapacité totale de comprendre ce qu’elle avait tant peiné à assembler.

Et bien « Emilie » tient toujours une place de choix dans son cœur !

Nous avons beaucoup pratiqué les « J’aime lire » parce que les histoires étaient relativement courtes.jaime1

Sinon, lorsque nous nous lancions dans un « vrai » livre, elle lisait un chapitre ou deux et, lorsque j’estimais que l’effort avait été suffisant, je prenais la suite et lisait moi-même plusieurs chapitres d’affilés afin d’avancer dans l’histoire plus rapidement, de finir le livre (petite victoire) et d’en choisir un autre.

Surtout ne jamais laisser trainer et s’enliser les choses, attractif toujours !

Plus tard lorsque je l’ai jugée apte à lire toute seule, je lui faisais raconter ce qu’elle avait lu afin de m’assurer qu’elle avait bien tout compris.

Ainsi, petit à petit, avec du temps, de l’effort et de l’endurance, Anne-Sophie a pu accéder à ce grand bonheur qu’est l’amour de la lecture.

C’est notre victoire !!!!WCAFSUUL3CA5DC5QWCA40G8B5CAQBO12ZCADA3XPVCA9XZF7OCAT9RDQICAQPC0LGCA9H4JT7CACFBYB3CARH9UUECAOLCVH2CARIQSKNCAC7UO4FCA15PO7CCAJ5HFHJCAC99I28CA3KLQA7CA502N5Y

On entend souvent dire « plus on lit et moins on fait de fautes », c’est comme « la mémoire qui se travail », encore un truc qui ne marche pas avec les dyslexiques qui ne mémorisent jamais l’orthographe des mots qu’ils croisent. Lire beaucoup n’attenue pas de manière symptomatique la dysorthographie, par contre elle aide beaucoup à emmagasiner la grammaire sans s’en rendre compte.

J’ai fait en sorte de marginaliser la dyslexie dans sa vie autant qu’il était possible de le faire, j’ai toujours refuse qu’on marginalise ma fille a cause de sa dyslexie !WCA44U87ACA0ZMMXKCAVZE03ICAIE2WPECAB111ZRCAQWKH2QCA3FEJJACATG1X7CCACPJ5RDCAFRUH4KCAG9KNT5CA8I99PVCARV8CVQCA9XUZ63CAK65WL2CAWZ96Q1CALMUVQPCALXP6FUCAZBKOEZ

Cela ne fut pas toujours simple et j’ai du me battre souvent contre des professeurs maladroits ou simplement ignorants, j’ai du me battre contre le système qui broie tout ce qui ne rentre pas dans sa norme, j’ai du me battre contre ma propre fille aussi quand le désespoir se faisait trop grand et la tache trop lourde. C’est une lutte de tous les instants qu’on ne peut suspendre un moment pour cause de fatigue, découragement ou autres sous peine de régresser très vite et de devoir recommencer le travail accomplie.  400px_Lutte_de_Jacob_avec_l_Ange

Je souhaite un énorme courage et beaucoup d’inventivité( car je crois qu’il n’y a pas de mode d’ emplois en la matière, chaque cas étant unique) à toutes les mamans qui y seront confrontés, mais ca vaut le coup de se battre et de ne pas accepter cela comme une fatalité. Le chemin est long, difficile et semé d’embuches.ICAMA90WQCAQHXQCGCAEDKXRQCAGEAAZSCACRHRS1CATP4V2VCAE0FTY4CAUY6QQ6CALYE173CAZLNJGACAUN3DNRCA65F788CAO2IT54CA8F0NG5CAIRIE7KCAUZKUUVCA9SCAIECAORW53NCAK237Z7

Mais parce qu’avec Anne-Sophie nous l’avons  parcouru à deux main dans la main, cela a créé des liens indéfectibles entre nous, et rien que pour en arriver là, ça valait le coup !main_20dans_20la_20main_JPG

Ma mère ne nous a jamais écrit un mot, même une carte postale car elle a honte de son orthographe.

J’ai réserve ma prose à mes enfants et amis intimes pour les mêmes raisons.

Anne-Sophie blog sans complexe sur la toile ouverte au monde entier, quel progrès, quelle victoire !dictee

On peut très bien dire avec des fautes des choses de valeur. Ceci dit, ne vous y trompez pas, je ne suis pas du tout anti français correct ou anti orthographe et je trouve capital que la très grandes les enfants apprennent à bien lire, parler et écrire.ACAW8K0ZJCA9WLRL2CAK1ZQFJCA8YQBSNCAZ9GRW2CA98CNLKCARYF28FCAHEULXNCA1XOH7QCAWTQCPECA33F3DPCAC4HZTSCA29DKWTCAV0MWAECAU1WUAQCAOA2YJHCAXPBONTCA9ON152CAE639E8

Je trouve injuste de disqualifier quelqu’un qui a moins de facilité au lieu de tout mettre en œuvre pour l’aider, c’est tout !

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21 septembre 2007

Etre femme de Chasseur

Ce week end pour nous, c'est l'ouverture!

De quoi, mais de ce que l'homme attend depuis février dernier (la fermeture),

c'est l'ouverture de la Chasse !!!

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dessin de Constance

Aaaaaaaaah, être femme de chasseur, c'est tout un poème ...

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Comment ça je me plainds tout le temps !!!

Cela veut dire faire des kilomètres et des kilomètres de voiture le week end, être dehors qu'il neige, vente ou que ce soit le déluge, décrassage de bottes cracra, un trou dans le budget pour ces bottes  le_chameaud'ailleurs, raccommodage du pantalon, veste et autres Barbours barbour, "bah oui, tu comprends, on perdait la trace du gibier si on coutournait les ronciers et les barbelés", lavage de la chienne brac_allemend (en vrai cela donne ça, DSCN0473, vachement moins glamour !!!) toutes les semaines (elle a du mal à comprendre que l'eau du tuyau, n'est pas plus méchante  que l'eau du lac vaseux dans lequel elle se plonge ardemment à la chasse aux canards). Ça veut dire aussi plumage, vidage , et dépeçage intensif boucherie , non là, j'ai un mari en or, il le fait tout seul, mais d'un coté, s'il veut que ce soit fait ...

Mais cela influe aussi dans la vie, en dehors du week end:  pas de vie social( dîner entre amis ou de week end en amoureux) de septembre à janvier , et de mars à mai (les nuisibles). Des magasines de chasses au WC, un vocabulaire de chartier (enfin bossant dans le bâtiment, ça marche pas mal toute l'année!!!).  Des morceaux de bêtes suspendus au salon, dans son bureau ..., des armes à la maison fusil (dans un coffre, mais bon), des week end seul quand je n' y vais pas ...

Et puis surtout, jusqu'à la fin de la saison (si on ne compte pas l'ouverture des nuisibles), cela veut dire que l'homme costume09 devient cromagnon001l'Homme !!!

tatatatammmmmm

NON, je dramatise, j'aime la chasse, cette ambiance familiale, vrai sans chichi (ça me change , hihihi) où l'on vit en accord avec la nature. Les grandes tablées tabl_e vives, affamés, et rigolant à gorge déployé, le bons vins vin_chasse , le gibier à volonté, les messes de Saint Hubert, le cor de chassecor_de_chasse, la meute meute, les chevauxcheval_chasse, l'étude des uses et coutumes des autochtones locaux ( un jour promis, je les comprendrais sans traducteur), le papotage et maternage entre femme, les week end tranquillou couture top_couture, film de filles et sushi macaron14909492_p, quand je ne suis pas de la partie.

Et par dessus tout, le bonheur de voir l'homme heureux, épanouie !!!

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Le seul point qu'il reste à élucider, c'est comment expliquer à Clo (dans un an je pense) que son papa, et celui qui tue la maman_bambi de bambi  ? !!!!

rectification du mari: qui est un gentil homme car l'année dernier il n'a quasiment pas chassé, pour ne pas abandonner sa femme enceinte et alitée, mais en me disant quand même que le prochain, il le prévoit en fonction de la chasse ! hihihi !

Private joke: Cecile, béa, et les autres, J.P a reconnu ce week end que du chasseur ou de la proie  , ici c'est moi le roi (enfin la reine, mais cela ne rime pas)

Posté par VetTDJ à 09:02 - Maman tient à vous dire - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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