Je suis plutôt une maman qui crie, et puis après et seulement après, j'explique, parfois même j'explique en criant

mais j'avoue que ce n'est pas hyper pédagogique.

Petite Clo a eu quelques fessées, non par conviction mais plus par réflexe je pense. Cela marchait mais comme elle comprenait bien les limites, elle a finalement peu été puni. Il n'y en a quasiment plus, l'exception étant un échec, une non maîtrise de moi même, cela peut arriver mais mise à part soulager mes nerfs ( et encore) ce n'est pas d'une utilité prouvée.

Ensuite pour Briel, je suis devenue une adepte du coin,  mais il n'était pas testeur ( ni de ma patience et mes limites ni d'experience de vie) donc finalement ce fut peu utilisé.

Cyr, par contre, a usé les coins de nos différentes maisons. Testeur et frondeur, le coin était propice à la réflexion mais pas forcement comme je l'aurais voulu: il ne refaisait plus le méfait en question mais en trouver un autre bien plus rigolo ;-) C'est aussi celui qui m'a appris que l'isolement chez un petit enfant ne permet pas forcement de retrouver le calme, mais que pour calmer une angoisse il fallait du contact. Petit il était très coléreux mais si je ne dénouais pas les noeuds pas moyen de faire redescendre la pression.

Je n'ai jamais été une adepte de la privation, même si j'avoue l'utiliser avec succès dans un cas particulier, cela ne me parle pas trop de priver de dessert ou d'une sortie prévue. Le cas en question que vous mourrez d'envie de savoir le voici: Cyr se réveille naturellement très tôt, les autres enfants de la cousinade ont tous besoin de plus de sommeil; du coup puisque chez mes parents le dortoir est commun et que mon papa leur offre trop de friandise, nous avons mis en relation les différents éléments et nous privons Cyr de bonbon les jours où il réveille ses cousins aux aurores. Il le sait d'avance, et cela marche plutôt bien.

 

Par contre je suis une maman qui demande réparation: excuses, services, offrandes ( oh ça va, je parle de dessin, bisou and co ... ;-). De la morsure à l'ecole, au jouet cassé en passant par le verre renversé par inadvertance je suis adepte de la théorie des clous dans la porte. Vous ne la connaissez pas, elle est très parlante: faites planter à un enfant des clous dans une porte qui symbolisent ses mauvaises actions, s'il les regrette et s'excuse demander lui de les enlever. Que se passe t il? La porte reste marquée, trouée, s'excuser c'est bien mais ça ne fait pas tout, il faut aussi réparer !

 

Le chantage n'est pas non plus ma tasse de thé, il n'y a pas chez nous de carotte;" vous ne regarderez pas de télé si vous n'etes pas sage" ne me vient pas à l'esprit, je préfère la récompense occasionnel (ce sera plutôt, "surprise, aujourd'hui télé puisque vous avez été sage") . Non que je parte du principe que bon comportement mérite systématiquement récompense, mais plutôt que occasionnellement c'est par ce que "tu t es bien comporté que nous avons le temps d'avoir se plaisir!" .

Maintenant que je n'ai plus de petit, quand ça va mal je sépare et nous en discutons( enfin après avoir crier).

Clo a besoin d'explications psychologiques, Cyr a besoin d'exemples concrets et Briel a besoin de vérités "cash" (crue, directe et sans détour) et d'explications sur les codes sociaux intrinseques à l'Homme mais ça c'est propre à l'autisme.

Mais depuis cette année j'appercoie entre eux non plus des brouilles de jeu enfantines mais des incompréhensions de caractère ou pire de la méchanceté gratuite, celle qui nous aide à faire ressortir "la haine que les autres ont mis en moi!".

Du coup, pour la première fois, j'ai puni par écrit :

chacun dans sa chambre avec interdiction de sortir tant qu'ils n'auront pas dresser une liste de 5 compliments envers leur frères/soeur.

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L'exercice a été long.

Cyr a eu du mal à trouver la différence entre ce que j'aime chez untel et non ce que untel aime.

Briel a eu du mal a trouvé des compliments qui ne soit pas en rapport à lui même.

et Clo, a ma grande surprise, a tout simplement eu du mal à trouver ce qu'elle pensait et ressentait (ce qui m explique un peu sa sensibilité exacerber). Un peu comme si elle était perdue dans ces sentiments et qu'il était impossible de sortir du " je l'aime par ce que c'est mon frère!".

A la fin, nous nous sommes réunis tous les 4, j ai lu les compliments, et ils ont souri, heureux de se rendre compte qu'ils sont aimés et reconnus à leur juste valeur.

Puis une fois n'est pas coutume, je me suis lancée dans du sentimentalisme dégoulinant, je leur ai demandé de verbaliser ce qui est implicite et que, chez nous, nous ne prenons jamais la peine de faire:

Dire je t'aime et dire merci !

 

J'ai l'impression qu'une corde sensible a été repositionné chez chacun et ça fait du bien.

 

Même si je le sais bien,

dans 2h,

à nouveau,

ils se chamaillerons comme des chiffonniers!

Oh joie des fratries !!!!