Chronique d’une maman perdue

 

Je rentre d’un week end mitigé. Je rentre d’un agréable moment en famille avec des rires et des sourires plein la tête, mais je rentre aussi avec la très désagréable sensation d’avoir du justifier les choix pédagogique et médicaux que nous faisons pour nos enfants.

Je suis maman, je ne suis que maman. Cette simple phrase peut avoir plusieurs sens :

Depuis 8 ans je ne suis plus vraiment femme, plus vraiment individu, je n’ai qu’une identité social et instinctive : je ne suis que maman.

Je ne suis pas un professionnel de l’enfance : docteur, infirmière, éducateur, je n’ai pas fait psycho ; non, je ne suis que maman.

Je ne suis que maman mais j’aime ça, et de tout mon être, de toute mon âme et de toutes mes prières, je souhaite le faire bien.

 

Dans cette immense aventure qu’est la parentalité, avec ces hauts et ces bas, ces intenses bonheurs et ces douloureuses inquiétudes, je ne suis que maman de 3 petites merveilles. Non ils ne sont pas mieux que les vôtres, mais comme ce sont les miens, à mes yeux, ils sont merveille-eux.

Parmi mes 3 merveilles, j’ai un petit garçon extra-ordinaire, un petit garçon au mode d’emploi  diffèrent. Je ne suis que maman, mais d’aussi loin que je me souviens dans nos rapport, j’ai toujours su, toujours su qu’il serait ma bataille.

 

Des jours avec et des jours sans, nos angoisses et nos doutes, nos larmes et nos rires, nos peurs et nos certitudes.

Quand on est que maman, on est partagé :

 On connaît bien son enfant mais se fait on aveugler ?

On connaît bien son enfant mais peut-on faire seul ?

On connaît bien son enfant mais faut-il écouter les médecins ou la famille ?

On connaît bien son enfant mais faut-il suivre son instinct ou les conseils?

Mais connaît-on bien son enfant ?

 

Mon petit garçon dit qu’il va sur la lune, mais il est la lune :

D’un côté le jour, d’un côté la nuit

D’un côté ordinaire, d’un côté extra

D’un côté épanoui, d’un côté en souffrance

D’un côté  des regards qui ne suivent pas, des apprentissages plus lent, ou inexistant, des réponses qui ne sorte pas, des incapacités à choisir, des chutes, beaucoup de chutes, du balancement, la terreur du liquide, les queuleuleus sans fin, les tocs, l’hypersensibilité de la peau, les absences, les angoisses, la timidité maladive, les apprentissages laborieux …. Et les médecins qui vous affirment que ce n’est pas la norme, qu’il faut chercher.

Mais de l’autre côté, il y a eu aussi des efforts, des progrès, des sourires, des câlins, des bisous, des flash souvenirs, de l’humour, des jeux d’imaginations, de la mémoire, du dépassement de soi …  Et la famille qui vous dit que ce petit garçon à l’air heureux et bien dans sa peau.

 

Mais alors que faire écouter les personnes qui me dise que trouble même léger doit être suivit, qu’avec de l’aide bien placé on pourra déplacer des montagnes ; mais qui tâtonne (épilepsie, TDA, tumeur, spectre autistique on était supposé depuis octobre 2013)

Ou les personnes qui me dise que je ne sais pas ce que c’est que vivre avec une étiquette aussi lourde, que le système va nous sectoriser, nous couper les ailes. Qu’il est « normal » et qu’il est juste ceci ou cela.

Se fier à son instinct, ou avoir peur de lui faire subir une réaction à ses propres angoisses.

  

Je ne suis que maman, mais il faut que je me concentre, que je garde en tête les données certaines :

Je ne suis que maman mais je sais qu’on ne joue pas contre un système mais dans un système, qu’on le veuille ou non.

Je ne suis que maman, mais que ce soit la famille, les médecins, les instits, les amis, nul ne connaît tous les angles de vue, nul ne vit notre quotidien à  part nous 5.

Je ne suis  que maman mais aucun mot ne peut nous faire peur.  Ce petit bonhomme est comme il est depuis bientôt 7 ans, et aucune étiquette ne le changera.

Je ne suis que maman, mais je connais le paradoxe de la vie : aucune normalité ou étiquette n’est vrai, nous avons tous nos lubies, nos craintes, nos tocs ;  mais à moins de vouloir inventer un autre monde, il faut quand même suivre les dogmes actuels pour être aider et pouvoir s’adapter aux incongruités de notre société.

Je ne suis que maman mais nous aimons ce petit bonhomme plus que tout, et l’amour fait déplacer des montagnes !

 

Je ne suis que maman mais je veux oublier vos mots, oublier vos peurs et vos doutes, et suivre mon instinct de maman !

Je ne suis que maman, mais j’ai quand même besoin de votre soutien, de vos prières et de vos forces.

Je ne suis que maman mais ce n’est pas votre jugement dont j’ai besoin mais votre amour !

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